Ce 1er janvier 2008, pour la 41e Journée mondiale pour la Paix, le
pape rappelle que la famille est « la première et irremplaçable éducatrice à la paix », le « prototype de tout ordre social » : « la famille naturelle constitue le lieu premier d’humanisation de
la personne et de la société, le berceau de la vie et de l’amour ».
Le 8 décembre dernier, après la belle montée aux flambeaux, le fraternel accueil du recteur de Notre-Dame de Fourvière et la bénédiction donnée par Benoît XVI (en lien avec les 150 ans des
apparitions de Lourdes), nous avons confié notre communauté et nos familles à la protection de l’Immaculée.
Notre famille est-elle, selon les mots du Saint-Père, cette « première société naturelle » appelée à « une saine vie familiale », où l’on fait « l’expérience de certaines composantes
fondamentales de la paix : la justice et l’amour entre frères et sœurs, la fonction d’autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que
petits, malades ou âgés, l’aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l’autre et, si nécessaire, à lui pardonner » ?
Pour Benoît XVI, ce qui affaiblit la famille menace la paix, et inversement, tout ce qui aide la famille consolide la paix sociale, nationale, internationale. « La négation ou même la restriction
des droits de la famille, obscurcissant la vérité sur l’homme, menacent les fondements de la paix eux-mêmes ». « Celui qui, même inconsciemment, entrave l’institution familiale rend fragile la
paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu’il affaiblit ce qui, de fait, est la principale ‘agence' de paix ». « Chaque homme, chaque peuple est appelé à vivre et
à se sentir partie de la Famille humaine conçue par Dieu comme une communauté de paix ! »
Comme le précise le concile Vatican II, ‘Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la
terre' (Nostra aetate, 1, 2). « Si la dignité de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu est déjà révélée à l’homme dans l’Ancien Testament, l’unité du genre humain est
parmi les vérités les plus originales du Christianisme ».
C’est en tant qu’il est image, ressemblance, vivant reflet de Dieu que l’homme réalise la tranquillité de l’ordre, c’est à dire la paix : en lui, en sa famille autour de lui… Pour la famille
humaine, la sainte Famille est l’exemple de la communauté de paix ! L’Évangile de la Nativité annonce cette paix qui vient de Dieu : « Gloria in excelsis Deo et in terra pax in hominibus bonae
voluntatis ! »
Comment traduire : bonae voluntatis ? « Et sur la terre paix aux hommes, objets de sa complaisance » selon la Bible de Jérusalem ; « et, sur terre, paix chez les hommes de bon vouloir » pour
Crampon (« sur la terre paix pour ses bien-aimés » selon la T.O.B). Le temps de Noël nous rappelle que nous sommes fils de Dieu dans l’unique Fils de Dieu fait Homme ! Si lors du baptême de Jésus
la voix du Père révèle « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis mes complaisances », n’est-ce pas pour que nous ayons, dans note conformité au Christ reçue au baptême, une âme, un
esprit, un cœur où Dieu mette ses complaisances ?
Soyons bonae voluntatis en ouvrant notre âme à la grâce de filiation divine. En action de grâce, osons dire Pater noster en offrant l’encens de nos prières, l’or de notre charité et la myrrhe de
nos efforts. Dans la paix et la joie de la Nativité, nous offrons à toutes les familles nos vœux de sainte nouvelle année.
En novembre, le mystère de la communion des saints fixait notre regard vers le Ciel : « Le Ciel sera si beau »! L’Avent introduit dans le mystère de l’Alliance de Dieu, en nous faisant méditer
non plus la fin dernière de tous les saints, l’avènement eschatologique, mais plutôt l’avènement à la fois historique et liturgique du Fils de la Promesse. La fête du 8 décembre (nous renouvelons
notre consécration par l’Immaculée, tandis que s’ouvre l’année jubilaire des 150 ans des apparitions de Lourdes) montre Marie dans le mystère de l’alliance et de l’espérance. Jean-Paul II
écrivait dans l’encyclique Redemptoris mater : « La réalité de l’Incarnation trouve son prolongement dans le mystère de l’Eglise-corps du Christ ; et l’on ne peut penser à la réalité même de
l’Incarnation sans évoquer Marie, mère du Verbe incarné […] Un double lien unit la Mère de Dieu avec le Christ et avec l’Eglise ». Des prophéties d’Isaïe aux apparitions mariales modernes (celle
de l’Ile-Bouchard à quoi fait allusion la neuvaine du 8 décembre 2007), Marie récapitule en elle la Fille de Sion, la Nouvelle Eve, l’Epouse du Cantique des cantiques, la Mère, Vierge de
l’Emmanuel, la Femme de l’Apocalypse, la Jérusalem nouvelle…Notre-Dame de toute espérance. Tout homme juste de l’Ancien Testament pouvait dire avec le psalmiste : « De Sion, on dira : tout homme
y est né, et c’est le Très-Haut qui la fonda » (Ps 87, 5). L’Evangile dévoile que Sion, la Mère des vivants, c’est Marie. En elle, Mère du Christ et de l’Eglise, nous sommes engendrés à la grâce.
Si Dieu a permis que Notre-Dame apparaisse si souvent aux temps modernes, n’est-ce pas pour fortifier l’Eglise ? Si le Magistère vivant de l’Eglise a défini les dogmes de l’Immaculée et de
l’Assomption, n’est-ce pas parce que la vraie dévotion mariale nous fait vivre du mystère de l’Alliance au sein de l’Eglise ? Peut-on, sans la dévotion à Marie, comprendre ces affirmations du
grand saint Cyprien de Carthage : « On ne peut avoir Dieu pour père quand on n’a pas l’Eglise pour Mère » ou encore « nul ne peut compter sur la grâce de Dieu, son Père, s’il méprise l’Eglise sa
mère ». La couverture du bulletin montre le Christ, Verbe de Dieu, dans le sein de Marie, qui purifie du péché originel l’âme de son cousin Jean Baptiste qui est dans le sein d’Elisabeth. Marie
et Jean-Baptiste sont les deux grandes figures de l’Avent, de l’Espérance. Marie, l’Immaculée et Jean-Baptiste naît sans péché, sont les premiers spe salvi, sauvés en espérance, pour reprendre le
titre de la nouvelle encyclique du Pape. A Notre Seigneur, qui l’invite à renaître d’en-haut, de l’eau et de l’Esprit, Nicodème demande si l’homme étant vieux peut retourner dans le sein de sa
mère ? Mais il est vrai que notre « vieil homme » doit se renouveler au cours de l’Avent. Dans le mystère du Christ, Marie n’ouvre-t-elle pas notre cœur au mystère de l’Alliance ? Ne faut-il pas
renaître, par la prière et l’espérance, dans le sein de notre Mère, Marie ? Que saint Jean-Baptiste nous guide sur ce chemin de la pauvreté, de l’humilité et de la joie de Noël.
Solennisant les myriades de saints et de bienheureux qui contemplent Dieu dans sa gloire, l’Eglise nous invite également à prier pour
les saintes âmes du purgatoire.
Le mois de novembre est le mois des fins dernières. Cette appellation (qui recouvre : 1° la mort, 2° le ciel, le purgatoire et l’enfer, 3° les jugements particulier et général, 4° la résurrection
de la chair et la Parousie) peut paraître sévère. Mais la misère de notre condition humaine, les malheurs et les souffrances dans le monde, le péché et le « mystère d’iniquité » ne sont-ils pas
sévères et incompréhensibles ?
Au quatrième siècle avant Notre Seigneur, Aristote notait déjà dans son Ethique à Nicomaque que tout homme désire naturellement le bonheur !
Les Anciens, puis les Pères de l’Eglise, se sont interrogés de génération en génération : en quoi consiste vraiment le bonheur ? Qu’est-ce qu’une vie juste ?
Après les vacances de Toussaint, dimanche 11 novembre, nous distribuerons le petit livre d’un moine bénédictin : « Le Ciel sera si beau ! ». L’introduction s’ouvre avec ce commentaire de Dom
Delatte : « La vie prend une physionomie différente selon que nous la considérons comme une promenade ou comme un voyage. Dans le premier cas, nous sommes libres de notre allure et de nos
mouvements. Si c’est un voyage, si nous avons un but déterminé, et si les conditions même de ce voyage sont telles qu’il doit finir bientôt, peut-être de façon inattendue, et qu’il serait
simplement effroyable de n’arriver pas, ne serait-ce pas folie que de cheminer au hasard ? ».
Par son Alliance, Dieu nous dit : « Vois, je te propose aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur… Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour
que toi et ta postérité vous viviez » (Deut. 30, 15-19). Le Christ, qui est « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn. 14, 6), annonce le Royaume de Dieu et nous en ouvre l’accès par sa résurrection.
« Voici que, dans sa bonté, le Seigneur lui-même nous montre le Chemin de la Vie ».
Les balises sur le chemin du bonheur sont en premier lieu les commandements de Dieu : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mat. 19. 16). Puis les Béatitudes du Sermon sur
la montagne éclairent notre conscience, notre boussole intérieure. L’Eglise, le Corps Mystique du Christ, nous donne, en tous ses saints, des modèles qui incarnent l’exemple du chemin à suivre.
Ne faut-il pas enfin une certaine humilité et prudence, ainsi qu’une bonne dose de réalisme ?
A l’opposé de l’imaginaire et du virtuel, du fantastique et de la saturation médiatique, la sainteté ne consiste t-elle pas à faire grandement les petites choses ? Le bonheur n’est-il pas
simplement une fidélité de tous les instants à l’instant présent ?
Ayons la force de dire avec Mère Cécile Bruyère : « La vie est si courte et le Ciel sera si beau ! Comme nous voudrions avoir peiné et souffert ! ».
En cette magnifique espérance, que Notre-Dame du Bien-Mourir et tous les saints du ciel intercèdent pour nous et nos familles.
Abbé Tancrède Leroux, recteur,
1. Prologue de la Règle de saint Benoît.
2. Première Abbesse de Sainte-Cécile de Solesmes.
Avant et après les messes de 9 h 00 et de 18 h
30.
Lundi : Abbé Dor / Abbé de
Montjoye
Mardi : Abbé de Montjoye / Abbé
Leroux
Mercredi: Abbé Leroux / Abbé de
Montjoye
Jeudi : Abbé de Montjoyes / Abbé
Dor
Vendredi : Abbé Leroux / Abbé de Montjoye
Samedi : Abbé Leroux
APOSTOLAT DE LA PRIERE
2009-2010 (Du Vatican, le 31 décembre 2008 ; Agence Fides 3/2/2009)
MARS 2010
Intentions du Saint-Père
Intention Générale :
Pour que l’économie mondiale soit gérée selon des critères de justice et
d’équité, en tenant compte des exigences réelles des peuples, spécialement des plus pauvres.
Intention Missionnaire
:
Pour que les Eglises en Afrique soient signe et instrument de réconciliation et de justice dans chaque région du
Continent.