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’est ainsi que s’exprimait une sainte, au début du mois de novembre, mois consacré par l’Eglise à la prière pour les âmes du Purgatoire. Il nous faut toujours prier pour celles-ci, car nos prières peuvent les délivrer. L’origine du mois des morts remonte jusqu’à la loi ancienne, jusqu’au peuple d’Israël. Il était établi que le deuil ne serait achevé, dans chaque famille, que lorsque chaque mort aurait été pleuré pendant un mois entier.
Mais qu’est-ce que le Purgatoire ? C’est l’état de ceux qui meurent dans l’amitié divine, mais qui, tout en étant assurés de leur salut éternel, ont encore besoin de purification pour entrer dans la béatitude du ciel (Compendium du catéchisme n°210).
Sainte Catherine de Gênes, au 15èmesiècle, par ses expériences mystiques, a pu nous éclairer sur les réalités du Purgatoire. Elle a consigné ce qui lui a été révélé dans le « Traité du Purgatoire » dont voici quelques extraits :
« Je ne crois pas qu'il puisse se trouver un contentement comparable à celui d'une âme du purgatoire, à l'exception de celui des saints en paradis. Chaque jour s'accroît ce contentement par l'action de Dieu en ces âmes, action qui va croissant comme va se consumant ce qui empêche cette action divine. Cet empêchement, c'est la rouille du péché.
[La rouille n'est pas un reste de péché, une disposition mauvaise de la volonté qui serait l'effet en l'âme des péchés qu'elle a commis durant sa vie terrestre ; c'est une souillure de l'âme, un manque de perfection, suite des péchés d'autrefois, dont la volonté s'est totalement détachée au moment de la mort.]
Le feu consume progressivement cette rouille et ainsi l'âme se découvre de plus en plus à l'influx divin.
Sa joie augmente à mesure que la rouille disparaît et que l'âme s'expose au rayon divin. Ainsi l'une croît et l'autre diminue jusqu'à ce que le temps soit accompli. Ce n'est pas la souffrance qui diminue, c'est uniquement le temps de rester dans cette peine. » (chap. 2)
« D'autre part, la peine qu'elles subissent est si extrême qu'il n'est aucune langue qui puisse l'exprimer ni aucune intelligence qui puisse en saisir la moindre étincelle. Je ne vois que ceci: que les tourments y égalent ceux de l'enfer. » (chap. 3)
« Les âmes du purgatoire sont hors d'état de pouvoir mériter encore. S'il était donné aux âmes du purgatoire de se purifier par la contrition, en un instant elles acquitteraient leur dette entière, tant serait brûlante l'impétuosité de leur contrition. Car elles voient clairement la gravité de cet empêchement qui les retient de s'unir à Dieu, leur fin et leur amour. » (chap. 15)
Ce qui ressort de ce traité, c’est à la fois, la joie indicible des âmes qui savent qu’elles vont entrer dans la vision béatifique et en même temps les souffrances insoutenables qu’elles subissent. Puisqu’elles ne peuvent plus rien faire pour elles-mêmes, il nous faut contribuer à la purification de ces âmes. Mais comment ? L’Eglise nous dit qu’en vertu de la communion des saints, les fidèles qui sont encore en pèlerinage sur la terre peuvent aider les âmes du purgatoire, en offrant pour elles des prières de suffrage, en particulier le Sacrifice de la messe, mais aussi des aumônes, des indulgences et des œuvres de pénitence (Compendium n°211).
En retour, ces âmes ont la faculté de faire valoir leurs mérites antérieurs en notre faveur. Elles ne peuvent rien obtenir pour elles-mêmes, mais les prières qu’elles font pour nous et les souffrances qu’elles endurent touchent vivement le Cœur de Dieu. Et si elles peuvent déjà nous être grandement utiles, pendant qu’elles sont dans le lieu de l’expiation, que ne feront-elles pas pour nous, lorsqu’elles seront au Ciel ! Comme elles sont reconnaissantes envers leurs bienfaiteurs !
Sainte Thérèse d’Avila, avait coutume de dire que tout ce qu’elle demandait à Dieu par l’intercession des fidèles trépassés, elle l’obtenait. Alors imitons son exemple pour délivrer les pauvres âmes du purgatoire et recevoir en échange
