Remontons 480 ans …. Nous sommes en 1531 au Mexique. Vingt ans plus tôt le Capitaine Cortès avait vaincu militairement les Aztèques dont
les prêtres païens pratiquaient en grand nombre des sacrifices humains. Dès lors cette pratique ayant cessé, la population restait néanmoins païenne et les conversions chrétiennes y étaient peu
nombreuses. C’est dans ce contexte que va se produire un événement inouï, d’une portée incroyable. La Sainte Vierge Marie va apparaître quatre fois du 9 au 12 décembre, à un humble indien de
pauvre condition, Juan Diego Cuauhtlatoatzin, converti depuis quelques années. La Sainte Mère de Dieu lui demande d’aller voir l’évêque de Mexico pour que soit bâti au lieu même de l’apparition
une église afin d’y donner beaucoup de Grâces. « Sache et comprends bien, le plus humble de mes fils, que je suis la Toujours Vierge, Sainte Marie, Mère du Vrai Dieu, pour qui nous
existons, du Créateur de toutes choses, Seigneur du ciel et de la terre. J’aimerais qu’une église soit érigée ici, rapidement, afin que je puisse vous montrer et vous donner mon amour, ma
compassion, mon aide et ma protection, parce que je suis votre mère miséricordieuse, à vous, à tous les habitants de cette terre et à tous ceux qui m’aiment, m’invoquent et ont confiance en
moi. J’écoute leurs lamentations et je remédie à leurs misères, leurs détresses et leurs peines ». Mais voilà que cet évêque, Juan de Zumarraga, certes un saint homme, est peu enclin à
croire à des apparitions, et croyant clore l’affaire lui dit qu’il lui faudrait pour cela un signe. C’est alors que la Sainte Vierge Marie demande à Juan Diego d’aller cueillir les fleurs qu’il
trouvera sur la colline rocheuse et épineuse de Tepeyac. Et bien que cela se passe un 12 décembre, Juan Diego va y trouver là une variété de roses, toute d’une beauté éclatante, qu’il va
recueillir dans sa tilma - la tunique que tout pauvre indien porte en guise de vêtement. Arrivant à l’évêché, il devra attendre toute la journée, refusant de montrer aux clercs ce qu’il
renfermait précieusement, mais à force d’insistance, l’évêque finit par le recevoir. Or donc Juan Diego ouvra sa tilma déployant toutes ces roses magnifiques, et « il apparut soudain le
dessin de la précieuse image de la Toujours Vierge, Sainte Marie, Mère de Dieu » précise l’historien indien Luis Lasso de la Vega dans son récit en langue Aztèque. Alors
l’évêque s’agenouilla plein de larmes et demanda pardon au pauvre homme. Il s’empressa dès lors d’ériger une église au lieu de l’apparition où fût exposé pour la postérité cette précieuse
relique.
La tilma de l’humble Juan Diego, véritable icône céleste de la Sainte Mère de Dieu, reste une véritable énigme pour les chercheurs
scientifiques, car cette image d’une nature mystérieuse reste toujours imprimée sur un tissu dont la durée de vie moyenne est de vingt années. Tout aussi étonnant, la température humaine de
cette tunique d’environ 37 degrés, les coïncidences précises dans la constellation des étoiles, les reflets de l’entourage présent lors du miracle dans le regard de Marie. Mais bien au-delà de
cette tunique qui en elle-même est un sujet d’étude tout aussi passionnant que la relique du Linceul de Turin, il y a dans cette histoire bien davantage encore.
Un autre miracle, littéralement spectaculaire allait se produire. Dès les premiers jours, cette véritable histoire va se répandre très
rapidement à travers tous les villages des terres mexicaines, au point d’exercer chez tous les indiens une véritable fascination, tant et si bien que les conversions vont se multiplier et
atteindre le nombre record historique de neuf millions de baptême en dix ans. Ce chiffre stupéfiant est attesté par le frère franciscain historien Motolina en 1541. Ce frère relate que
« passant ruisseaux et rivières, exposés à beaucoup de peines et de périls, les enfants et les adultes, ceux qui étaient en santé et les malades, et même les vieillards décrépis, venaient
de toutes les régions recevoir le baptême. Les uns le demandent, les autres importunent, d’autres le demandent à genoux». Un des premiers missionnaires, le frère Toribio, se souvient avoir
baptisé plusieurs milliers d’indiens en seulement quelques jours, faisant à tous l’onction d’huile et de saint-chrême, prenant soin de préciser que « si je ne l’avais pas vu de mes yeux,
je ne me serais pas aventuré à en rendre compte ». Bien mieux encore, les indiens s’enthousiasment de tout ce qu’on leur enseigne par sermon ou catéchisme, et « tous, hommes comme
femmes, l’apprennent avec grande facilité et rapidité, en raison de la passion qu’ils y mettent ». En dix ans sont construits des missions, des églises et des écoles…. Un souffle divin
parcourt tout le Mexique. Tel est l’autre grand miracle de Notre Dame de Guadalupe.
Loin d’être éphémère, ce gigantesque mouvement enthousiaste allait marquer durablement l’identité profonde du peuple mexicain jusqu’à nos
jours. Lors des persécutions des années 1920, cette ferveur chrétienne se manifestait dans le cœur des Cristeros proclamant lors de leur martyre « Viva el Cristo Rey ». Plus près de
nous, cette ferveur chrétienne s’est manifestée par le triomphe accordée au Bienheureux Jean Paul II, trois mois après son élection, lors de son premier voyage apostolique …. à Notre Dame de
Guadalupe.
Inutile de le préciser, tous ces événements parlent d’eux-mêmes, et l’on se prend à rêver …. Mais pourquoi pas ? En ce 12 décembre
2011, il nous faut prier avec ferveur la Très Sainte Mère de Dieu, pour qu’en ce monde englué dans ses propres iniquités, vienne le temps d’un véritable « tsunami spirituel » de
conversions sincères au Christ, avec des « répliques spirituelles » de même ampleur de vocations sacerdotales et religieuses.