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e temps de l’Avent, nous le savons, est le temps de la préparation à Noël, le temps de l’attente du Messie. Le premier avènement a déjà eu lieu, il y a deux mille ans, dans l’humilité de la crèche, le dernier avènement, glorieux celui-là (« Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts »)  n’a pas encore eu lieu, et nous ignorons la date. Nous commémorons l’attente d’Israël, et nous vivons l’attente de la Parousie. Les longs siècles de l’Ancien Testament n’avaient pas étouffé l’espérance messianique du peuple élu. Au contraire, à l’approche de la venue du Verbe en notre chair, les appels des prophètes sont plus pressants et pleins d’un saint désir. Les premiers chrétiens étaient tout tendus vers le retour du Christ qui les avait blessés au cœur comme la bien-aimée du Cantique des Cantiques. « Entraîne-moi sur tes pas, nous courrons » (Cant 1,4). Les derniers mots de l’Apocalypse - donc de la Bible – ne sont d’ailleurs qu’un cri vers ce retour : « Viens, Seigneur Jésus ! ».

Et nous, quelle est la qualité de notre attente ? Quelle est l’intensité de notre désir ? Attendons-nous passivement, comme on attend que le temps passe, ou sommes-nous tendus vers la rencontre avec le Christ ? Que le retour glorieux n’aie pas lieu pendant notre vie terrestre, peu importe, et en fait qu’en savons-nous ? Ce qui est sûr, et ce qui devrait nous stimuler comme un aiguillon, c’est que le Seigneur nous attend, que chaque heure qui passe nous rapproche de notre mort et donc de Lui.      Le temps nous est donné pour Le désirer toujours plus et nous unir à Lui. Certes nous pouvons déjà ici-bas nous unir réellement à Lui, mais l'union à Dieu, dans notre condition terrestre et mortelle est orientée vers autre chose, vers un plus et un mieux, dans une tension eschatologique, précieuse pour la vitalité de notre vie spirituelle. Perdrons-nous notre temps ? Saint Paul nous exhorte au contraire à « racheter le temps». II n'y a pas d'heure pour rencontrer le Seigneur, il n'y a pas d'âge non plus, nous le constatons, douloureusement parfois, mais sans surprise si nous sommes familiers de l'Ecriture : «Je viendrai comme un voleur » « Soyez vigilants, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » «Bienheureux celui que le Maître trouvera veillant à son retour des noces »... Oui, notre vie est une attente de Dieu, une attente qui ne doit pas être statique, mais dynamique. L'Avent doit nous aider à retrouver ce désir de Dieu, si important pour être réceptifs à la grâce. Il est par excellence le temps du désir de Dieu, de l'attente joyeuse et impatiente.

 

« Esurientes implevit bonis » chante la Vierge dans le Magnificat. « Dieu comble de biens les affamés ». Mais ceux qui n'ont pas faim, qui ne ressentent pas leur indigence, qui n'en souffrent pas, qui se suffisent à eux-mêmes, qui ne tendent pas les mains vers le Père des pauvres, qui n'ouvrent pas la bouche pour qu'Il la remplisse, qui ne désirent pas Dieu, qui ne l'attendent pas... Que pourrait-Il leur donner ? Que peuvent-ils recevoir ? Si nous ne vivons pas chaque jour nouveau comme un don, comme une surprise presque, comme une dernière préparation aux noces éternelles, comme des fiançailles avec toute la fébrilité que cela peut comporter, comme une grâce et comme une croix «(« J'ai le désir de partir et d'être avec le Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur - Esse cum Christo multo magis melius - ; mais il est plus nécessaire que je demeure dans la chair à cause de vous » Philippiens 1,23-24) alors relisons saint Paul dans l'épître du premier dimanche de l'Avent, reprise au capitule des laudes et des vêpres : «Frères, l'heure est venue désormais de sortir de notre sommeil Maintenant, en effet, le salut est plus près de nous qu'au temps où nous avons embrassé la foi. La nuit est avancée, le jour est proche. Dépouillons-nous donc des œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. » (Romains 13,11-12) Les saints étaient pénétrés de la pensée de Dieu, poursuivis par le souvenir de son Amour infini et incompréhensible pour nous « Caritas Christi urget nos ! » (2 Cor.5,14) La charité du Christ nous presse «fortiter ac .suaviter » « avec force et douceur» pour reprendre une expression de la liturgie de l'Avent, qui désigne ainsi l'action de Dieu.

Librement et dans la joie, des hommes ont enseveli leur vie dans le désert ou dans les cloîtres pour trouver Dieu. Saint Benoît désignait d'ailleurs le moine comme étant un chercheur de Dieu. « Qu'est-ce que Dieu ? » se répétait le petit puis le grand Thomas d'Aquin. Cette recherche a rempli sa vie, et Dieu l'a inondé de lumière sur terre, et de gloire depuis l'heure où il est venu chercher son fidèle serviteur, toujours veillant, une lampe à la main, attendant la venue de l'Epoux. Depuis son plus jeune âge, sainte Thérèse d'Avila expliquait qu`elle voulait « voir Dieu », et c'est pour cela qu'elle partit à sept ans sur les routes d'Espagne à la rencontre des Maures, espérant le martyre, car «pour voir Dieu, il .faut mourir ». Cette soif inaltérable ici-bas, cette quête inlassable n'est que le reflet de leur vie spirituelle, de ce que devrait être toute vie chrétienne. Elle peut être, elle doit être le reflet, le jaillissement de notre propre vie intérieure. Celui qui a été blessé du dard tout suave de l'Amour de Dieu, celui qui est tout tendu vers la rencontre avec le Seigneur, celui-là fuit le péché comme d'instinct, par une horreur viscérale. Il ne regarde pas ce qu'il « perd » en repoussant la tentation, mais ce qu'il gagne : tout! Car il gagne Dieu, le Bien Souverain, infini et éternel. Lors de la cérémonie de tonsure qui marquait autrefois l'entrée dans la cléricature, pendant qu'on lui coupe cinq mèches de cheveux en forme de croix, chaque ordinand devait dire en même temps que l'évêque, la formule d'enrôlement : « Dominus pars haereditatis meae et calicis mei, Tu es qui restitues hereditatem meam mihi » « Le Seigneur est ma part d'héritage et ma coupe ; c'est Vous qui serez mon héritage ». Pendant ce temps, le choeur chantait - et chante toujours là où la cérémonie a été maintenue - le psaume XV qui exprime la joie de celui qui appartient au Seigneur. Que d'émotions sont attachées à un tel souvenir pour ceux qui l'ont vécu ! Oui, notre héritage est magnifique (cf Ps XV,6)! Mais si cet héritage l'est d'une manière toute spéciale pour ceux qui se sont totalement consacrés à Dieu, qui ont quitté «maison, , frères, soeurs, père, mère, femme, enfant ou terre » (Mt 19,29) à cause du Christ, c'est aussi l'héritage proposé à tout chrétien, à tout homme. Bienheureux celui qui a des oreilles pour entendre !

 

Abbé Hugues de MONTJOYE


Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 16:00
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ous avons la grâce de vivre dans un diocèse qui a le privilège d’avoir une liturgie propre. De même, par exemple, que le diocèse de Milan est riche de son rite « ambrosien » ou « milanais », ou que le diocèse de Tolède possède son rite « mozarabe », de même celui de Lyon  bénéficie de son « rite lyonnais » ou « romano-lyonnais » (pour être précis). C’est ce rite que le saint curé d’Ars célébrait chaque jour.[1]  Il nous est donc bon et profitable de connaître et de nous pencher sérieusement sur cette richesse de l’Eglise qui est tombée en désuétude depuis quelques années mais qui ne demande qu’à vivre « pour la gloire de Dieu et le salut des âmes » et que nous nous efforçons de servir en le célébrant le samedi et le dimanche à 9h00.

Je vous propose donc un premier commentaire de ses textes et rites propres. J’espère que la série, qui débute dans ce bulletin, sera longue et fructueuse pour tous. Je ne retiendrai que les rites et gestes qui se distinguent de la forme extraordinaire du rite romain.

Première différence notoire avec le rite romain : les « prières au bas de l’autel ».  Avant le « confiteor » un beau dialogue s’établit entre le célébrant et les fidèles. Le prêtre dit en particulier : « Louez le Seigneur car il est bon », « car sa miséricorde est éternelle ». Voilà une belle introduction à notre confession ! Reconnaître ses péchés c’est faire œuvre de vérité, mais c’est aussi (et même premièrement) confesser, proclamer que le Seigneur est plus grand que nos péchés, que sa miséricorde est la source de notre espérance. Nous pouvons confesser nos péchés dans la paix car Dieu est miséricorde et qu’il accueille toujours le cœur contrit et humilié de son enfant.

Après la confession du prêtre et l’intercession des fidèles pour celui-ci en vertu de leur sacerdoce commun et baptismal, les fidèles eux-mêmes se reconnaissent pécheurs et demandent l’intercession de toute la cour céleste et du ministre consacré. Le prêtre répond à leur confession : « Amen, frères, par la puissance de la sainte croix, l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Marie toujours vierge et les mérites de tous les saints et saintes de Dieu. Que le Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde et pardonne tous nos péchés, et que notre Seigneur Jésus-Christ nous conduise avec ses saints à la vie éternelle ». Les fidèles répondent : « amen ». Puis le prêtre reprend : «  Que le Père tout-puissant, le Seigneur clément et miséricordieux, vous accorde, par votre confession, votre contrition, votre pénitence, votre réparation et l’amendement de votre vie, l’absolution et la pleine rémission de tous vos péchés ». « Amen »disent les fidèles.

Ces prières sont admirables et très riches. Elles soulignent le fondement de notre espérance : la croix de Jésus, et la communion des saints. Le rite lyonnais insiste sur toutes les dispositions intérieures et sur les œuvres que nous sommes appelés à accomplir avec la grâce de Dieu afin d’obtenir la rémission totale de nos péchés, et ainsi, avoir un cœur pur capable de voir Dieu sans délai. Cette absolution a pour but la rémission de nos péchés véniels avant d’offrir le saint sacrifice de la croix glorieuse mais elle nous invite aussi à la confession sacramentelle et une véritable conversion.

Suite le mois prochain…

 

Abbé Laurent Spriet +




[1]       Lors de sa nomination à Ars en 1818, la paroisse était rattachée au diocèse de Lyon. Le diocèse de Belley sera recréé en 1822, mais ne reprendra le rite romain qu'en 1864, après la mort du saint curé.

Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 15:59
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I

l est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ notre Seigneur. Lui qu’en votre miséricorde et votre fidélité vous avez promis comme Sauveur au genre humain en perdition : dont la vérité instruirait les ignorants, dont la sainteté justifierait les impies, dont la force soutiendrait les faibles. Maintenant donc qu’approche le moment où doit venir celui que vous allez envoyer et que luit déjà le jour de notre délivrance, confiants en vos promesses, nous exultons de saintes joies. C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière del’armée céleste, nous chantons une hymne à votre gloire, redisant sans fin.

Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 15:57
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L

es messes « Rorate » sont ainsi appelées en raison de l'Introït "Rorate, cœli, desuper… Cieux répandez d'en-haut". Leur origine serait à rechercher au XVe siècle, dans les régions alpines. Initialement, la Messe « Rorate » était une messe votive en l'honneur de Marie, Mère de Dieu, et fut donc célébrée essentiellement les samedis du temps de l'Avent. Elle fut aussi appelée "Office angélique" (parce qu'on lisait l'évangile de l'Annonciation : Lc. 1, 26-38) ou "Messe dorée". La particularité de la messe Rorate est qu'on la célèbre à la lumière des cierges. Pour donner à l'Avent son empreinte particulière, on peut donc célébrer une telle messe « Rorate » une ou plusieurs fois, les jours de férie du temps de l'Avent – mais seulement jusqu'au 16 décembre, selon les Normes de l'Église. L'important est qu'elle ait une certaine solennité, qu'on célèbre à la lumière des cierges, et qu'on chante de manière appropriée le « Rorate cœli » comme chant d'entrée.

N

ous chanterons la messe « Rorate » les samedis 3, 10 et 17 décembre à 7h30. Un petit-déjeuner sera offert à la MSB pour ceux qui sont à la messe.

Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 15:55
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Intention Générale :

Pour que tous les peuples aient plein accès à l'eau et aux ressources nécessaires à leur subsistance quotidienne.

 

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