e lieu est terrible. C'est par ces mots empruntés au Patriarche Jacob à Béthel (Gen. 28, 17) que s'ouvre le
splendide introït de la messe de la Dédicace. Et pourquoi ce lieu est-il terrible ? « Hic domus Dei est et porta cæli : et vocábitur aula Dei ». « C'est la maison de Dieu et la porte du ciel et on l’appellera le palais de Dieu ». Oui ce lieu est terrible depuis que Dieu en a pris
possession. Spécialement après sa solennelle consécration par l'évêque, l'église n'est plus un lieu comme un autre. On ne peut assister à la cérémonie de la dédicace d'une église sans être saisi
de respect et de vénération pour ce lieu qui n’est pas que de la terre. De même que le dimanche est le « jour du Seigneur » et ne nous appartient plus, de même l'église est la maison du
Seigneur et ne nous appartient plus.
Elle est un lieu sacré, séparé du profane et destiné au
culte de Dieu. Si les Juifs avaient un sens si aigu de la sainteté du temple de Jérusalem, où pourtant n'étaient célébrés que des sacrifices figurant et annonçant le sacrifice parfait, à combien
plus forte raison ne devrions-nous pas trembler en entrant dans nos églises où est célébré chaque jour - et plusieurs fois par jour à Saint-Georges - le sacrifice rédempteur, scellant l'Alliance
nouvelle et éternelle. C'est ici que le Seigneur demeure jour et nuit au milieu de son peuple ; c'est ici que la liturgie fait monter vers Dieu nos louanges et nos supplications et
redescendre les grâces divines, mouvements ascendant et descendant symbolisés par l'échelle sainte vue en songe par Jacob, sur laquelle montaient et descendaient les anges de Dieu. C'est ici que
retentit la Parole de Dieu qui nous invite à la conversion et nous indique le chemin du Ciel.
Comme nous souhaiterions que le peuple chrétien reprenne davantage conscience de la majesté de Dieu et de la
révérence due aux personnes, aux lieux et aux choses sacrées ! Sans doute sommes-nous tous plus ou moins coupables par notre attitude trop facilement relâchée en ce domaine. Nous serions les
premiers gagnants si nous faisions plus attention à bien nous tenir dans l'église, et certainement que notre exemple serait la meilleure prédication pour ceux qui nous observent. Est-ce dépassé,
« vieux jeu », ridicule ? Je ne le crois pas. « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse » (Ps 110,10 ). On
ne grandit pas dans l'amour de Dieu et du prochain en ayant moins de respect et de vénération pour tout ce qui touche à Dieu. C'est au contraire un signe de grand amour pour Dieu que d'aimer le
temple où Il demeure. C'est pourquoi d'ailleurs nous devons aimer aussi à le tenir toujours beau et propre, pour qu'il puisse laisser transparaître quelque chose de la gloire divine (cf le petit
article sur le ménage à l’église).
Bien sûr, puisque nous sommes enfants de Dieu, l'église est aussi notre maison, et c'est avec un
cœur joyeux que nous y entrons, plein du saint désir de contempler la gloire de notre Père chéri du Ciel. Si bien que l'introït ouvert sur une note
de gravité s'épanouit dans une suave jubilation : « Quam dilécta tabernácula tua, Dómine virtútum ! concupíscit, et déficit ánima mea in átria Dómini » (Ps. 83, 2-3).
« Que vos tabernacles sont aimables, ô Dieu des armées ! Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur ». Nous pouvons ainsi admirer l'harmonie et l'équilibre de cet
introït, tout en contraste. Dans son commentaire sur cet introït, Dom Baron, ancien moine de l’abbaye de Kergonan, note que la mélodie est
« douce, discrète, pleine de vénération avec une nuance de mystère qui s'éclaire de joie sur porta coeli. La deuxième phrase est plus contemplative encore. Il y a sur
vocabitur et sur la cadence de aula Dei comme une évocation pleine de bonheur de la Béatitude promise » (in L'expression du chant grégorien, tome 3, p.
311). L'église c'est un coin de ciel sur la terre.
Tout ceci n'est que le rejaillissement d'une vie de foi. Nous pouvons dire que cela va de soi quand on a la
foi, pas une foi qui dort dans un coin de notre âme mais une foi vive, qui opère et transforme toutes les réalités de notre vie.
Nous vous invitons donc tous très chaleureusement à cette grande
journée pour notre église que sera sa dédicace (ou consécration) le dimanche 11 novembre (attention il n’y aura qu’une seule messe le matin, probablement à 9h). Cela n'arrive qu'une fois dans la vie d'une église ! Ce sera une occasion, peut être unique pour beaucoup d'entre
nous d'assister à la cérémonie sans doute la plus déployée de la liturgie de l'Eglise latine. Ceux qui ont assisté en 1989 à la dédicace de l'abbatiale des moines du Barroux ou à celle des
moniales en 2005 en gardent un souvenir inoubliable. Malgré la longueur (3h30 de cérémonie environ) les enfants eux-mêmes semblaient éblouis par la beauté des rites. Une garderie sera tout de
même à votre disposition pour les plus petits. Les festivités commenceront la veille au soir par une veillée et le chant des matines à la crypte, auprès des reliques qui seront portées en
procession le lendemain. Vous trouverez dans un article du prochain bulletin les détails de cette cérémonie si particulière. A l'issue nous partagerons un verre de l'amitié à côté de l'Eglise et
surtout nous vous attendons les plus nombreux possible à un grand repas paroissial au lycée Don Bosco, à deux pas de Saint-Georges, autour
de notre archevêque. Le repas sera fourni pour les adultes (inscriptions jusqu'au 31 octobre auprès du secrétariat, tracts sur les
présentoirs de l'église) et les enfants pourront porter un pique-nique. Ce sera une bonne occasion de se voir un peu plus tranquillement et de se mélanger pour mieux faire connaissance les uns
avec les autres, et en particulier d'accueillir les nouveaux paroissiens. Nous comptons donc sur votre présence.
Abbé Hugues de MONTJOYE + Recteur
Jeudi 6 septembre 2012
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Publié dans : BULLETIN, FORMATION