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            Le 25 avril était célébrée la journée mondiale de prière pour les vocations. À cette occasion, le Saint-Père publie un message que nous sommes tous invités à lire, sur le thème « le témoignage suscite des vocations ». Cette grande intention de prière nous est proposée, ne l’oublions pas, par Notre-Seigneur Lui-même (cf Mt 9,38 et Luc 10,2). Les ouvriers étaient peu nombreux à l’époque : douze apôtres et quelques disciples. La prière a été exaucée, et l’Église a peu à peu porté le message du salut à toute la création. Aujourd’hui, nous souffrons d’une pénurie de prêtres et de vocations religieuses dans de nombreuses régions anciennement christianisées. Quelle désolation de voir des ordres et congrégations anciennement florissants fermer maisons et couvents les uns après les autres et peiner à recruter de jeunes recrues. Les quelques exceptions que nous connaissons ne doivent pas nous faire illusion. Notre communauté et nos familles en général donnent régulièrement à l’Église des vocations sacerdotales et religieuses, mais nous devons prier plus le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson : prêtres, religieux et religieuses. La moisson, c’est toute l’Église, et non seulement nos communautés attachées à la forme extraordinaire du rite romain. Prions-nous assez à cette intention ? Pourquoi notre prière ne serait-elle pas exaucée ? Croyons en la puissance de la prière.

Et pourquoi avons-nous besoin de prêtres, de religieux et de religieuses ? Pour que l’Évangile soit proclamé ? Sans doute, mais pas seulement. Pourquoi, alors ? Pour ceci : témoigner d’une façon vivante de l’Amour de Dieu pour ses petites créatures. Chaque chrétien sans doute, est témoin du Christ, en vertu de son baptême, et plus encore de sa confirmation, mais la vie consacrée est une imitation radicale du Christ, une « sequela » totale de sa personne (cf homélie de Benoît XVI du 2 février 2009), une anticipation de la vie future. La consécration à Dieu, et spécialement la chasteté consacrée, est le plus beau témoignage de l’alliance d’amour entre Dieu et l’homme. Pas une alliance platonique, mais une alliance qui nous saisit tout entiers, corps et âme. L’alliance s’incarne dans un appel personnel, un appel à la conversion qui attend notre réponse également personnelle. L’appel a pu être entendu un jour, la réponse est à renouveler chaque jour. L’ange Gabriel a porté l’annonce une fois à Marie, et celle-ci a redit jour après jour : « Ecce ancilla Domini. Fiat mihi secundum verbum tuum » « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1,38). Marie, la Vierge pure, est le modèle de toute vie consacrée.

Malgré nos imperfections, nous pouvons dès ici-bas aimer le Seigneur de tout notre cœur, et vouloir nous donner tout entiers à Lui, pour la vie et pour l’éternité. « Suscipe me Domine, secundum eloquium tuum et vivam et non confundas me ab expectatione mea »

« Recevez-moi, Seigneur, selon votre parole et je vivrai et ne permettez pas que je sois confondu dans mon espérance » (Ps 118,116).

Quel trésor que cette consécration, que cette offrande de notre vie, peut-être dès notre jeunesse (« nos plus belles années ») ! Avoir un cœur non partagé (cf 1 Cor 7,32), suivre l’Agneau partout où Il va (cf Ap 14,4). Ce n’est pas une fuite du monde, un mépris du mariage (un grand et beau sacrement honoré et défendu de tout temps par l’Église), ou  un égoïsme caché qui renâclerait aux contraintes de la vie commune. C’est un choix positif du Seigneur comme seul Amour, ou plus précisément comme suprême Amour qui ordonne tous les autres. Car il ne s’agit pas de ne pas aimer sa famille, ses amis, ses proches et tous les hommes, mais il s’agit de les aimer dans le Christ, comme le Seigneur Lui-même les aime. Donc les aimer infiniment et parfaitement. En reconnaissant toujours que tout amour vient d’en-haut.

Si le mariage est le signe de l’alliance du Christ et de l’Église (cf Eph 5,32), nous pouvons dire que la virginité consacrée en est déjà l’accomplissement. Si pour la plupart le mariage est le chemin, le célibat consacré touche au terme du chemin (cf Mt 22,30). Certes tous ne comprennent pas ce mystère, mais seulement ceux à qui cela est donné. « Il y a des eunuques qui le sont de naissance, dès le sein de leur mère; il y a aussi des eunuques qui le sont devenus par la main des hommes; et il y en a qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du Royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne » (Mt 19,12) (cf CEC 1618).

C’est pourquoi l’Église enseigne à ses enfants comme une vérité de foi la supériorité de l’état de consécration sur l’état du mariage (cf Concile de Trente session XXIV, canon 10 sur le sacrement de mariage ; Pie XII, encyclique « Sacra Virginitas » n°23 ; Concile Vatican II, décret « Optatam Totius » sur la formation des prêtres n°10). Vérité qui a été trop mise sous le boisseau : oubliée par certains, contestée par d’autres, ignorée en tout cas du grand nombre. L’exemple du Christ et de sa Très sainte Mère témoigne pourtant en sa faveur. Cela ne signifie pas, il est vrai, qu’il suffise d’être consacré pour être plus saint que les gens mariés. La sainteté consiste dans la conformité de notre volonté à celle de Dieu, signe de l’authenticité de notre charité (cf Jn 15,14).

Comme nous comprenons ces mots enflammés de saint Ambroise ! : « L’on m’accuse, dit l’évêque de Milan, d’enseigner la virginité, et de la persuader à un grand nombre. Puissé-je être convaincu d’un si grand crime, plus encore par les fruits de ma parole que par la parole de mes accusateurs ! L’on dit que j’empêche de se marier les jeunes filles qui se vouent à la virginité. Puissé-je plutôt y retenir même celles qui veulent se marier ! Puissé-je leur faire échanger le voile nuptial pour le voile virginal ! Et quel étrange renversement, que l’on prétende m’imputer à opprobre ce qui a toujours relevé de la grâce sacerdotale, de jeter des semences d’intégrité et de fomenter le goût de la virginité » (cité par l’abbé V-A BERTO, in Pour la Sainte Église Romaine, article « la Virginité et la Personne »).

Sans doute, tous ne sont pas appelés à une telle vocation, et il ne faut pas forcer les plans de Dieu dans ce domaine, pour quelque raison que ce soit. Mais heureux celui qui entend l’appel à suivre le Christ de plus près, et qui répond généreusement à cet appel ! Et que ne soient pas jaloux ceux qui ne sont pas appelés ! Qu’ils se souviennent : 1. que nous sommes tous appelés à la sainteté. 2. que Dieu nous en donne à tous les moyens. 3. qu’il dépend de nous de les employer. 4. qu’au ciel la seule hiérarchie qui demeure est celle de la sainteté.

Heureux, bienheureux celui ou celle qui a le Christ pour unique Époux ! Jésus seul est l’Époux parfait, qui jamais ne déçoit. L’homme, lui, est toujours plus ou moins décevant, en raison de ses lourdeurs, de son opacité, des imperfections de sa nature blessée par le péché. L’homme promet souvent plus qu’il ne peut donner. Hélas ! Nous décevons ou nous décevrons toujours, en particulier ceux qui attendent le plus de nous ! Qu’ils nous le pardonnent d’avance ! Nous sommes hommes, et non pas Dieu ! Qu’ils prient avec nous et pour nous, pour que ces déceptions, grandes ou petites, nous rendent le Dieu de toute Beauté plus désirable encore, la terre plus petite et le Ciel plus attirant. Dieu seul, Beauté incréée est source de toute beauté créée, cause de toute joie véritable. Nous marchons tous vers Lui, mais nous ne sommes pas encore arrivés, et nous ne faisons que participer à sa sainteté infinie. Comment pourrions-nous donner plus que Lui, nous qui recevons tout de sa main ? Non, Dieu, le vrai Dieu, le seul vrai Dieu, ne déçoit pas et ne peut pas décevoir. Si l’homme croit être déçu par Dieu, c’est qu’il L’a confondu avec une idole. Qu’il se retourne alors vers Celui dont le Christ nous a révélé le visage.

Comment ne pas voir la beauté et le trésor que constitue la vie consacrée et spécialement la virginité consacrée et le célibat sacerdotal ? Comment peut-on réclamer comme un progrès, une victoire à conquérir, l’abrogation de ce dernier ? Pensée charnelle et non pensée de Dieu ! Il faut n’avoir rien compris  à l’évangile, à l’exemple laissé par le Christ et la Vierge Marie, exemple suivi par les apôtres, il faut n’avoir rien compris à l’enseignement de Saint Paul, des Pères et de toute la tradition de l’Eglise pour ne pas honorer et exalter l’éminente beauté et richesse du célibat consacré et de la virginité sacrée, don précieux accordé par Dieu à son Eglise et au monde.

Même si la question du célibat sacerdotal est une question plus disciplinaire que dogmatique (l’Orient, même catholique, accepte l’ordination d’hommes mariés), la convenance demeure forte, même chez les Orientaux, entre sacerdoce et célibat (les évêques ne sont choisis que chez les célibataires, et on ne peut plus se marier après la réception du sacrement de l’ordre). Le démon n’aime pas la virginité consacrée, c’est certain, et il fait tout pour la dénigrer, la ternir, la rendre suspecte.

Le Pape Saint Pie X, dans sa très belle exhortation « Haerent animo » au clergé catholique, du 4 août 1908, soulignait la force irremplaçable de la vertu de chasteté dans l’exercice  du ministère : « Maintenant plus que jamais, le clergé a besoin avant tout d’une vertu qui ne soit pas ordinaire ; d’une vertu absolument exemplaire, ardente, active, tout à fait disposée enfin à faire de grandes choses et à souffrir beaucoup pour le Christ. Et il n’y a rien que Nous demandions à Dieu et que Nous vous souhaitions avec plus d’ardeur à tous et à chacun de vous. Qu’en vous donc resplendisse d’un éclat inaltérable la chasteté, le plus bel ornement de notre ordre sacerdotal car par la beauté de cette vertu, le prêtre devient semblable aux anges, apparaît plus digne de la vénération du peuple chrétien et produit en plus grande abondance des fruits de salut ».

Nous ne pouvons ignorer le caractère radical d’une telle vie et ses exigences, mais nous ne pouvons taire la surabondance de joie et de grâces que le Seigneur répand sur ceux qui se donnent à Lui totalement d’un cœur sans réserve. « Je vous le dis en vérité, nul n'aura quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou enfants, ou champs, à cause de moi et à cause de l'Évangile, qui ne reçoive le centuple maintenant, en ce temps-ci : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle »  (Mc 10, 29-30 // Mt 19,27-30 // Luc 18,28-30). Le Seigneur ne ment pas, et la présence de la Croix (« les persécutions ») ne fait que mettre en relief plus saisissant encore combien l’Amour de Dieu est INFINI. Chacun sent plus ou moins confusément que seul l’amour peut rendre la vie aimable et délicieuse. Rien ne lui est comparable pour porter les épreuves de la vie. Et que dire quand il s’agit d’un Amour éternel et divin ? Comment exprimer l’ineffable ? Ne s’agit-il pas du « secret du Roi » (Tob 12,7) ? « Arcana verba quae non licet homini loqui » « des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme de révéler » (2 Cor 12,4).

Certes la vie consacrée, fut-elle contemplative, n’est pas un Thabor permanent, mais toujours une recherche inlassable de Dieu. Union particulière, alliance d’Amour, mais aussi tension vers l’Èpoux encore caché. Il n’est pas loin sans doute, juste « derrière le mur » (Cant. 2,9). L’épouse du Cantique des Cantiques est bien l’image de l’âme consacrée. Nous retrouvons aussi, derrière ces lignes du Cantique, Marie-Madeleine, modèle des âmes contemplatives, cherchant le Christ au tombeau, le trouvant et ne voulant pas le lâcher : « Sur ma couche, la nuit, j'ai cherché celui que mon coeur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé. Je me lèverai donc, et parcourrai la ville.  Dans les rues et sur les places, je chercherai celui que mon coeur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé ! Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville: "Avez-vous vu celui que mon coeur aime ?" À peine les avais-je dépassés, j'ai trouvé celui que mon coeur aime. Je l'ai saisi et ne le lâcherai point » (Cant. 3,1-4).

Merci, mon Dieu de m’avoir appelé ! « Dominus pars hereditatis meae et calicis mei tu es qui restitues hereditatem meam mihi. Funes ceciderunt mihi in praeclaris etenim hereditas mea praeclara est mihi » « Le Seigneur est ma part d’héritage et  ma coupe ; c’est Vous, mon Dieu, qui me rendrez mon héritage. Le cordeau a mesuré pour moi une magnifique part ; oui, un lot splendide m’est échu en partage » (Ps 15,5-6). Puissent de nombreux jeunes entendre cet appel au fond de leur cœur !  « Le Maître est là et Il t’appelle ! » (Jn 11,28).


 Abbé Hugues de MONTJOYE

Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 15:03
- Par Abbé H. de Montjoye
Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 17:15
- Par Eglise Saint-Georges
         - Abbé Tancrède Leroux
   2  - Projet d'année vocationnelle


   3  - La prière
       - Abbé Hugues de Montjoye

   4  - Le prêtre (texte de François Mauriac)
 
5 - Prière des parents pour la vocation de leurs enfants
   6 - Quelques références sur la prière ou la vie spirituelle
   7 - Nazareth (entretien avec le directeur de l'association "Marie de Nazareth"
(Zénit)
   8 - Nouvelles de l'Eglise
   9 -
Le pape met en garde devant le risque de morcellement de la foi.

  10 - Priorité de l'oeuvre de Dieu par la liturgie
(Homélie de la Nativité)

  11 - Le Christ, tête de l'Eglise

  12 - 7 jours avec le Saint Curé d'Ars
     - Abbé Marc-Antoine Dor

  13 - Conseils évangéliques et sainteté sacerdotale
(Jean XXIII)


Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 14:53
- Par Eglise Saint-Georges


Toute la communauté de la Maison Sainte-Blandine
souhaite à tous les fidèles de Saint-Georges
une bonne et sainte année 2012
dans le Seigneur

 

 

 

 

PELERINAGE à ROME

 

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(Du Vatican, le 31 décembre 2008 ;
Agence Fides 3/2/2009)

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