Le Ciel sera si beau !
Solennisant les myriades de saints et de bienheureux qui contemplent Dieu dans sa gloire, l’Eglise nous invite également à prier pour
les saintes âmes du purgatoire.
Le mois de novembre est le mois des fins dernières. Cette appellation (qui recouvre : 1° la mort, 2° le ciel, le purgatoire et l’enfer, 3° les jugements particulier et général, 4° la résurrection
de la chair et la Parousie) peut paraître sévère. Mais la misère de notre condition humaine, les malheurs et les souffrances dans le monde, le péché et le « mystère d’iniquité » ne sont-ils pas
sévères et incompréhensibles ?
Au quatrième siècle avant Notre Seigneur, Aristote notait déjà dans son Ethique à Nicomaque que tout homme désire naturellement le bonheur !
Les Anciens, puis les Pères de l’Eglise, se sont interrogés de génération en génération : en quoi consiste vraiment le bonheur ? Qu’est-ce qu’une vie juste ?
Après les vacances de Toussaint, dimanche 11 novembre, nous distribuerons le petit livre d’un moine bénédictin : « Le Ciel sera si beau ! ». L’introduction s’ouvre avec ce commentaire de Dom
Delatte : « La vie prend une physionomie différente selon que nous la considérons comme une promenade ou comme un voyage. Dans le premier cas, nous sommes libres de notre allure et de nos
mouvements. Si c’est un voyage, si nous avons un but déterminé, et si les conditions même de ce voyage sont telles qu’il doit finir bientôt, peut-être de façon inattendue, et qu’il serait
simplement effroyable de n’arriver pas, ne serait-ce pas folie que de cheminer au hasard ? ».
Par son Alliance, Dieu nous dit : « Vois, je te propose aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur… Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour
que toi et ta postérité vous viviez » (Deut. 30, 15-19). Le Christ, qui est « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn. 14, 6), annonce le Royaume de Dieu et nous en ouvre l’accès par sa résurrection.
« Voici que, dans sa bonté, le Seigneur lui-même nous montre le Chemin de la Vie ».
Les balises sur le chemin du bonheur sont en premier lieu les commandements de Dieu : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mat. 19. 16). Puis les Béatitudes du Sermon sur
la montagne éclairent notre conscience, notre boussole intérieure. L’Eglise, le Corps Mystique du Christ, nous donne, en tous ses saints, des modèles qui incarnent l’exemple du chemin à suivre.
Ne faut-il pas enfin une certaine humilité et prudence, ainsi qu’une bonne dose de réalisme ?
A l’opposé de l’imaginaire et du virtuel, du fantastique et de la saturation médiatique, la sainteté ne consiste t-elle pas à faire grandement les petites choses ? Le bonheur n’est-il pas
simplement une fidélité de tous les instants à l’instant présent ?
Ayons la force de dire avec Mère Cécile Bruyère : « La vie est si courte et le Ciel sera si beau ! Comme nous voudrions avoir peiné et souffert ! ».
En cette magnifique espérance, que Notre-Dame du Bien-Mourir et tous les saints du ciel intercèdent pour nous et nos familles.
Abbé Tancrède Leroux, recteur,
1. Prologue de la Règle de saint Benoît.
2. Première Abbesse de Sainte-Cécile de Solesmes.
Jeudi 1 novembre 2007
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Publié dans : EDITORIAL DU BULLETIN
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Par Eglise Saint-Georges