Jeudi 1 mai 2008
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« Que tes demeures sont aimables, Yahvé des armées ! »
Ce psaume, (83,2) nous pouvons le chanter car vraiment, par le Mystère Pascal, Dieu demeure en nous, vient habiter
parmi nous !
En ce mois de mai, vont se dérouler les cérémonies qui, par les sacrements et sacramentaux, réalisent le Corps Mystique du Christ, l’Eglise : les
Confirmations ce 4 mai (9 h 30), puis la Pentecôte, les Professions de Foi à la fête de la Sainte Trinité et les Premières Communions à la Fête-Dieu…
Nous confions à vos prières la préparation de ces cérémonies, à commencer par la retraite des 45 jeunes à l’abbaye N-D de Triors début mai. Que Notre-Dame ouvre nos âmes à l’écoute de l’Esprit
Saint : « Je suis dans la joie quand on me dit : allons à la maison de Yahvé » (Ps 121,1).
« Que tes demeures sont aimables », également ce verset récapitule le travail de tous ceux qui, le plus souvent dans le secret et l’anonymat, apportent leur contribution à la vie de
notre communauté de Saint-Georges : équipes de ménage et de nettoyage de l’église, confection des bouquets de fleurs, permanences d’ouverture tôt le matin et dans l’après-midi, entretien du
matériel, restauration des ornements, repassage des linges liturgiques, des aubes et des soutanelles, rangements, travaux électriques, repas pour les prêtres, verres d’amitié, comptabilité,
chants, orgue et instruments, direction de la foule, aménagement de la crypte (chapelle d’adoration et pour les messes de semaine en hiver), etc. Tous ces travaux et ces dévouements n’ont qu’un
but : faire de notre Eglise Saint-Georges une assemblée de plus en plus priante, une communauté rassemblée autour de l’eucharistie et soudée par elle. Comme dans un puzzle, quand Dieu, la pièce
maîtresse, est mis au centre, chacun prend sa juste place dans la famille ecclésiale : « Jérusalem, tu es bâtie comme une ville dont les parties sont liées ensemble ! » (Ps
121,3).
Dans une église, le plus important n’est pas tant l’extérieur de l’édifice ni même la beauté des cérémonies, c’est la sanctification des fidèles et des familles... des âmes qui deviennent la
demeure de Dieu par les sacrements (dont celles des prêtres qu’il ne faut pas oublier pas dans vos prières !).
Un motif spécial d’action de grâce est l’adoration fréquentée par des parents et des jeunes, tout au long de la nuit du premier vendredi du mois. Il nous faut réapprendre à avoir une vraie
dévotion eucharistique. Bien des saints s’en sont faits les champions : le pape saint Pie X , saint Pascal Baylon , mais aussi, saint Pierre-Julien
Eymard : à l’école de ce grand saint qui a découvert sa vocation eucharistique à l’église Saint-Paul de Lyon, adorons et vivons de l’Eucharistie, dans toutes ses dimensions. C’est
ainsi que Dieu retrouvera dans nos vies la place qu’il devrait occuper. Et de ce centre partiront toutes nos œuvres, selon son expression significative : « Le foyer a une flamme » . Il en avait
fait tout un programme que je vous propose, à l’école des jeunes qui reçoivent le Maître intérieur lors de ces cérémonies, ne devons-nous pas les précéder sur la voie de la sainteté ?
« J’ai souvent réfléchi sur les remèdes à cette indifférence universelle qui s’empare d’une manière effrayante de tant de catholiques, et je n’en trouve qu’un : l’Eucharistie, l’amour à
Jésus eucharistique. La perte de la foi vient de la perte de l’amour ; les ténèbres, de 1a perte de la lumière ; le froid glacial de la mort, de l’absence du feu. Ah ! Jésus n’a pas dit : Je suis
venu apporter la révélation des plus sublimes mystères ; mais bien : Je suis venu apporter le feu sur la terre, et tout mon désir est de le voir embraser l’univers » . « C’est la torche de
l’amour qu’il faut porter dans les âmes tièdes et qui se croient pieuses, et ne le sont pas parce qu’elles n’ont pas établi leur centre et leur vie dans Jésus au saint Tabernacle ; et toute
dévotion qui n’a pas une tente sur le Calvaire et une autour du Tabernacle n’est pas une piété solide et ne fera jamais rien de grand. Je trouve que l’on s’éloigne trop de la sainte Eucharistie,
qu’on ne prêche pas assez souvent sur ce mystère d’amour par excellence ; alors les âmes souffrent, elles deviennent toutes sensuelles et matérielles dans leur piété, s’attachant aux créatures
d’une manière déréglée, parce qu’elles ne savent pas trouver leur consolation et leur force dans Notre-Seigneur » .
Un mot d’ordre pour les mois à venir : Que Jésus-Eucharistie ne soit plus pour nous comme un étranger ! C’est le grand remède à l’activisme, à l’épuisement stérile et au découragement ; c’est le
milieu qui diffuse l’influence bénéfique et pacifiante du Seigneur. C’est aussi la garantie de pouvoir un jour s’écrier : Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de Yahvé !
Avec ma plus vive gratitude et l’assurance de nos prières à vos intentions.
Abbé Tancrède Leroux, recteur