Progrès ou tradition ?
"Que d'hommes entre le Christ et moi !" (profession de foi du vicaire savoyard ; J-J Rousseau). Dieu nous
semble parfois loin, très loin… mais, mystérieusement, comme un signe qui réalise une réalité, une présence surnaturelle, l'Eglise continue l'Incarnation du Christ, l'Eglise est sacrement du
Christ.
Le Pape Benoît XVI vient en France pour le jubilé des 150 ans des apparitions de la Mère de Dieu à Lourdes ; successeur de Pierre, il vient aussi visiter la "fille aînée de l'Eglise", pour nous
rappeler que Jésus est la Voie qui mène à la Vérité et la Vie et qu'il nous faut, à temps et à contre temps, proclamer la Vérité et défendre la Vie !
Un autre thème de son pontificat est la mise en valeur de la liturgie. L'esprit de la "réforme de la réforme" n'est-il pas de « parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise », selon
le souhait du Saint-Père ?
En 1988, après les sacres de Mgr Lefebvre, le pape Jean-Paul II écrivait dans son Motu proprio Ecclesia Dei (n.4) : « A la racine de cet acte schismatique, on trouve une notion incomplète de la
tradition. Incomplète parce qu'elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la tradition qui, comme l'a enseigné clairement le Concile Vatican II, "tire son origine des apôtres,
se poursuit dans l'Eglise sous l'assistance de l'Esprit-Saint" […] Mais c'est surtout une notion de la tradition, qui s'oppose au Magistère universel de l'Eglise lequel appartient à l'évêque de
Rome et au corps des évêques, qui est contradictoire. Personne ne peut rester fidèle à la tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l'apôtre Pierre, a
confié le ministère de l'unité dans son Eglise ».
Selon Pie XII, « la tradition est chose très différente du simple attachement à un passé disparu : elle est tout l'opposé d'une réaction qui se méfie de tout progrès salutaire. Son nom lui-même
étymologiquement est synonyme de cheminement et d'avancement. Synonymie, non identité. En effet, tandis que le mot "progrès" indique seulement le fait de la marche en avant, un pas devant
l'autre, en cherchant du regard un avenir incertain, la «tradition» signifie encore une marche en avant, mais d'une marche continue qui se déroule en même temps avec tranquillité et vigueur,
selon les lois de la vie, échappant à l'angoissante alternative : "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait !" » (Allocution au patriarcat de la ville de Rome, 19 01 44).
La notion de "tradition" implique unité et progrès homogène. Malgré toutes les erreurs humaines, la sainte liturgie nous ouvre au mystère de la présence de Dieu. Le Catéchisme de l'Eglise
Catholique écrit : « De la première Communauté de Jérusalem jusqu'à la Parousie, c'est le même Mystère pascal que célèbrent, en tout lieu, les Eglises de Dieu fidèles à la foi apostolique. Le
Mystère célébré dans la liturgie est un, mais les formes de sa célébration sont diverses » (CEC 1200).
En 20 ans, les instituts Ecclesia Dei, qui regroupent de nombreuses vocations, ont grandi. Depuis l'an dernier, le Motu proprio de Benoît XVI a souligné l'unité d'un même rite romain vivant de sa
forme "traditionnelle" et de sa forme "actuelle". Ce Motu proprio a permis l'ouverture de nombreux lieux de culte avec la forme extraordinaire. Au sein des diocèses et des paroisses, il nous
appartient de développer les relations de confiance entre prêtres et fidèles de sensibilités différentes permettant l'éclosion du respect et de l'estime mutuels, et l'édification d'une véritable
communion respectueuse des personnes et des patrimoines.
Le cardinal Ratzinger notait que la célébration selon la «forme extraordinaire du rite romain» peut «tenir compte des principes essentiels de Sacrosanctum Concilium» (discours des 10 ans du Motu
proprio Ecclesia Dei) et n'est pas incompatible avec un développement homogène des formes liturgiques. Egalement, aux côtés de la forme ordinaire, la forme extraordinaire peut contribuer au
renouvellement de l'ars celebrandi des mystères divins.
Recevons avec piété filiale le magistère ordinaire de Benoît XVI qui prêche tant par son enseignement que par son exemple. En ce sens, j'espère que vous êtes nombreux à avoir relu les Actes des
Apôtres en ce début de l'Année Saint-Paul. Ils décrivent la ferveur de la première communauté chrétienne. Voilà tout un programme pour nous en ce début d'année scolaire : « Ils se montraient
assidus à l'enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2, 42).
Avec l'assurance de nos prières à vos intentions.
Abbé Tancrède Leroux, recteur.
Lundi 1 septembre 2008
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Publié dans : BULLETIN, FORMATION
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Par Eglise Saint-Georges