Jeudi 26 novembre 2009
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En visite en Argentine, le cardinal Stanislaw Dziwisz,
archevêque de Cracovie qui fut 40 ans durant le secrétaire particulier du pape polonais, a estimé ce mercredi que « tout dépend du pape Benoît XVI ».
Les informations se sont multipliées à l'occasion de la réunion des cardinaux et évêques qui s'est déroulée le 16 novembre à la Congrégation pour les causes des saints pour se prononcer sur
l'héroïcité des vertus de Karol Wojtyla.
Etant donné que le vote des participants est soumis au secret pontifical, demander ou publier le résultat signifie violer ce secret.
Selon le processus utilisé par la Congrégation pour les causes des saints, dans le cas où le résultat serait positif, il revient au pape de signer le décret des vertus héroïques. Si toute la
procédure est positive, le décret pourrait alors être publié en décembre.
Si c'était le cas, Jean-Paul II recevrait le titre de « vénérable ». Il s'agirait d'un pas important mais pas décisif pour son élévation à la gloire des autels. Par la suite, une commission
médicale, une commission de théologiens et une commission de cardinaux devront analyser un miracle attribué à l'intercession du souverain pontife polonais après sa mort.
Ce n'est qu'après l'avis positif de ces trois commissions que Benoît XVI pourrait apporter sa signature au décret de reconnaissance du miracle, qui ouvrirait la porte à sa béatification.
Selon des informations diffusées dans la presse, qu'il faudrait confirmer lorsque l'on accomplira un nouveau pas dans le processus, il semble que le miracle présenté par la postulation soit celui
d'une religieuse guérie de manière inexplicable de la maladie de Parkinson, une maladie dont souffrait Karol Wojtyla.
Le postulateur, Mgr Slawomir Oder, avait choisi, entre plusieurs cas signalés, de présenter la guérison, en France, de Sr Marie Simon-Pierre, religieuse de la congrégation des Petites sœurs des
Maternités catholiques (Aix en Provence), guérie en 2005 de la maladie de Parkinson (une maladie irréversible selon les connaissances scientifiques actuelles) après la prière de ses consoeurs par
l'intercession de Jean-Paul II.
Combien de temps peut demander chacune des étapes de ce procès ? Personne ne le sait. Le procès suit en effet la procédure ordinaire, même si Benoît XVI a dérogé à la période d'attente de cinq
ans pour ouvrir la cause, comme ce fut le cas pour mère Teresa de Calcutta.
Benoît XVI avait accordé, le 13 mai 2005, une dérogation pour que la cause soit ouverte sans autre délais, soit moins de trois mois après la « naissance au ciel » du serviteur de Dieu Karol
Wojtyla, le 2 avril 2005.
La cause avait ainsi été ouverte, au niveau diocésain, le 28 juin 2005 en la basilique du Latran, cathédrale de Rome : la foule avait demandé, comme lors des funérailles place Saint-Pierre, le 8
avril 2005, « Saint tout de suite », « Santo Subito ». Toute la documentation rassemblée a été scellée solennellement au Latran, le 2 avril 2007, avant d'être confiée à la Congrégation pour les
causes des saints.
Lors d'une conférence à la pinacothèque de la nonciature apostolique de Buenos Aires, le cardinal Dziwisz a assuré que ni lui, ni ses confrères évêques polonais n'exerçaient de pression : « Nous
ne voulons pas presser le pape. Il doit tout analyser correctement parce que lui aussi est uni à la figure de Jean-Paul II ».
A la question de savoir si Jean-Paul II avait accompli des miracles durant sa vie (qui ne sont pas analysés dans le procès comme des conditions pour la béatification), il a répondu : « Nous
ne nous pouvions pas parler de cela, c'était interdit, mais maintenant il est mort, et beaucoup de choses sont enregistrées et documentées ». L'archevêque de Cracovie a pris l'exemple d'un évêque
guéri d'un cancer, que certains ont présenté comme un miracle de Jean-Paul II.